Est-ce que quelqu’un pourrait me dire où est passé le sentiment d’appartenance ? Que se passe t’il avec cette nouvelle génération d’employés qui entrent sur le marché du travail depuis plusieurs années. Comment les appelle-t-on déjà ? Ah oui ! La génération « Y ». On me partage souvent à leur sujet lors de discutions avec des entrepreneurs qu’ils sont lents, insouciants, paresseux et distant de l’entreprise. Mais est-ce bien le cas pour tous ces jeunes ? Et doit-on leur jeter tout le blâme ? Il me semble que se sentiment d’appartenance perd du terrain depuis un bon nombre d’années, c’est un fait. Mais serait-ce en fait devenue une généralité ?

Essayons de voir un peu leur historique. Dans bien des cas cette génération « Y » a eu comme exemple des éducateurs qui avaient entre cinq et dix enfants à s’occuper en même temps. Difficile de recevoir toute l’attention qu’ils avaient besoin. Pour eux, personne ne les écoutait, alors comment voulez-vous maintenant leur demander qu’ils vous écoutent ? Nous, nous avions la liberté de jeux jusqu’à six ans au moins, puis c’était l’école. Après la classe, nous retournions jouer dans les ruelles. Eux ont eu un horaire à respecter dès leur première année d’existence : à telle heure le dessin, à une telle autre l’exercice et à une telle autre le jeu qui bien souvent était choisi par l’éducateur. Après la classe, ils prenaient le chemin pour aller chez la gardienne ou encore ils restaient en classe jusqu’à l’arrivée des parents. Où était la place du libre arbitre de pouvoir jouer et d’improviser comme bon leur semblaient dans tout cela ?

Peuvent-ils se sentir libres ? Se sentent-t-il respectés ? Maintenant, ils se retrouvent sur le marché du travail avec de nouvelles contraintes d’horaires, de règles et d’apprentissages qui parfois doivent apprendre sur le tas à la dixième vitesse ou par un bourrage de crâne. Après tout cela, nous leur demandons d’appartenir à une entreprise! « Non! Là, c’en est trop! Peut-on vivre un peu » voudraient-ils nous dire. Il faut dire que les temps ont bien changé depuis les années ‘’60’’ alors que certains métiers se passaient encore d’une génération à l’autre, maintenant c’est plutôt l’expérience qui prime. Et qui dit expérience parle naturellement de diplômes pour les postes les plus importants. Il faut comprendre que la mentalité avant les années ‘’60’’ était que les métiers s’apprenaient sur le tas et que pour trouver un travail il fallait bien souvent passer par l’entremise d’une connaissance ou d’un membre de la famille qui était déjà à l’emploi de l’entreprise.

Avant il était courant d’entendre les gens dirent qu’ils étaient fières de travailler pour telle ou telle entreprise « Hé ! Nous avons un bon spécial aujourd’hui… Mon patron vous fera une bonne affaire… ». Maintenant, en général, les gens sont bien plus fières d’avoir trouvé une entreprise qui paie le gros salaire et qui offre tous les avantages. «Quelle entreprise ? C’est pas important… Pourvu que ça rapporte et que c’est pas trop ennuyant ! » sont des phrases que j’ai entendue souvent dans le milieu de la recherche d’emploi. Société de consommation oblige… Pas étonnant que les employés semblent oublier qu’ils travaillent pour quelqu’un ! Mais pourquoi c’est si difficile d’impliquer ses employés dans les activités de l’entreprise ? Je pense sincèrement qu’il y a un grand manque de communication entre les générations. Et quand je parle de communication, ce n’est pas seulement dans les règles et les tâche à expliquer, mais aussi de connaître son employé et de se faire connaître. Pour cela, nul besoin d’aller prendre une bière avec lui ! Socialiser, c’est s’intéresser à se que pense et ressent l’autre. Plus vous connaissez vos employés plus vous êtes en mesure de déléguer les tâches aux bonnes personnes.

Alors comment faire en sorte que ces employés deviennent des représentants de l’entreprise à l’extérieur des heures de travail et afin qu’ils puissent s’impliquer davantage dans l’entreprise comme si celle-ci leur appartenaient ? Comment développer ce sentiment d’appartenance ? Comment faire pour qu’ils s’impliquent tous dans toutes les activités de l’entreprise ?

En leur démontrant que chacun de leur geste dans tous les aspects de leur travail à une répercussion dans l’entreprise et que c’est grâce à ce qu’ils feront que l’entreprise pourra atteindre ses objectifs. Il est bien de leur démontrer qu’ils ont le pouvoir d’agir positivement sur l’entreprise et aussi de leur démontrez de la reconnaissance. Si vous devez faire un avis à un employé, je vous conseille de lui expliquer ce que son geste à pu avoir comme répercussion dans l’entreprise tout en l’amenant à donner lui-même la réponse. Finalement, vous pouvez finir la rencontre avec du renforcement positif afin qu’ils puissent savoir que vous reconnaissez ses forces et que vous préférez lui dire des compliments que des remarques négatives. De cette façon il sera certainement beaucoup plus respectueux et coopérant avec vous.

Selon moi, il est primordial de consacrer une demi-journée de formation dès leur embauche afin de les conscientiser sur leur implication et de faire connaître vos valeurs en utilisant ce qui les touche vraiment.

Et un dernier conseil, faites le non seulement avec les nouveaux employés, mais aussi avec tous vos employés le plus souvent possible. En créant ainsi le désir de bien faire et de vouloir travailler dans un climat de bien-être, vous créez ainsi un rêve possible pour eux. Et lorsque qu’ils sont sur la bonne voie, n’oubliez pas de souligner votre fierté. Avez-vous un plan de récompense ? Cela fonctionne vraiment. Il faut que vos employés se sentent choyés et importants pour qu’ils puissent avoir ce sentiment d’appartenance tant recherché. Pour cela, n’oubliez pas de vous impliquer vous aussi, car dans tout cela… Vous êtes la clé de voûte!

Bonne continuité !

 

Écrit par Pierre Nolin
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